Micro-entreprise

Abattement micro-entreprise: taux 71, 50 ou 34 % en 2026

Sampsa VainioÉcrit par Sampsa Vainio
9 min de lecture
Abattement micro-entreprise: taux 71, 50 ou 34 % en 2026

En micro-entreprise, vous ne déclarez pas de bénéfice: vous déclarez un chiffre d'affaires, et l'administration en retire un pourcentage forfaitaire avant de calculer l'impôt. Ce pourcentage, c'est l'abattement forfaitaire. Il vaut 71 %, 50 % ou 34 % selon votre activité, et c'est lui qui décide de la part de vos recettes réellement soumise à l'impôt sur le revenu.

L'abattement est le mécanisme central du régime micro-fiscal, et aussi le plus mal compris. Beaucoup le prennent pour une déduction de leurs frais, croient qu'il allège leurs cotisations URSSAF, ou pensent le conserver après avoir opté pour le versement libératoire. Aucune de ces trois idées n'est exacte. Ce guide explique ce que l'abattement couvre, comment il se calcule, et à quel moment il finit par vous coûter plus cher que le régime réel.

Points clés

  • L'abattement forfaitaire est appliqué automatiquement par l'administration sur votre chiffre d'affaires brut: 71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services BIC, 34 % pour les activités libérales (BNC).
  • Il ne peut jamais être inférieur à 305 € par activité (610 € en cas d'activités mixtes), selon service-public.gouv.fr.
  • L'abattement remplace la déduction de vos frais réels: en micro, vous ne déduisez ni loyer, ni matériel, ni déplacements.
  • Il ne concerne que l'impôt sur le revenu. Vos cotisations sociales, elles, sont calculées sur le chiffre d'affaires brut, sans abattement.
  • Avec le versement libératoire, il n'y a plus d'abattement: l'impôt est un pourcentage fixe appliqué directement au chiffre d'affaires.

L'abattement forfaitaire, qu'est-ce que c'est

Le régime micro repose sur une simplification: plutôt que de tenir une comptabilité de charges et de calculer un bénéfice réel, l'administration part du principe qu'une part fixe de votre chiffre d'affaires correspond à vos frais professionnels. Cette part est l'abattement. Ce qui reste après l'abattement est votre bénéfice imposable.

L'idée est de vous éviter un bilan et un compte de résultat. Vous déclarez une seule chose, votre chiffre d'affaires encaissé, et le calcul du revenu imposable se fait tout seul. En contrepartie de cette simplicité, le taux d'abattement est forfaitaire: il ne bouge pas selon vos dépenses réelles de l'année. Que vos frais aient été supérieurs ou inférieurs au forfait, l'abattement reste le même.

L'abattement s'applique sur le chiffre d'affaires hors taxes, c'est-à-dire les sommes réellement encaissées dans l'année. Comme la plupart des micro-entrepreneurs relèvent de la franchise en base de TVA, le montant encaissé et le montant hors taxes se confondent le plus souvent.

Les taux d'abattement selon votre activité

Trois familles d'activité, trois taux. Le taux applicable dépend de la nature de votre activité, pas de votre statut: un même auto-entrepreneur qui exerce deux activités relève de deux taux distincts.

ActivitéAbattementPart imposableMinimum
Vente de marchandises, fourniture de logement (BIC)71 %29 %305 €
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC)50 %50 %305 €
Activités libérales (BNC)34 %66 %305 €

Ces taux sont fixés par l'administration et publiés par service-public.gouv.fr. Ils traduisent une hypothèse sur le poids des charges: un revendeur qui achète pour revendre a des frais élevés, d'où un abattement de 71 %; une profession libérale a surtout du temps à vendre, d'où un abattement plus faible de 34 %.

La location de meublés de tourisme suit sa propre règle, révisée récemment: pour les revenus 2025 déclarés en 2026, l'abattement est de 50 % pour un meublé classé et de 30 % pour un meublé non classé, contre 71 % auparavant. Si vous êtes concerné, vérifiez le taux applicable à votre situation avant de déclarer.

Comment l'administration calcule votre bénéfice imposable

Le calcul tient en une soustraction. Vous partez du chiffre d'affaires brut, l'administration retire l'abattement, et le résultat s'ajoute aux autres revenus de votre foyer pour suivre le barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Prenons une consultante en BNC qui a encaissé 40 000 € sur l'année. L'administration applique l'abattement de 34 %, soit 13 600 €, et retient 26 400 € de bénéfice imposable. Un artisan en prestations de services BIC qui a encaissé la même somme voit son abattement de 50 % ramener le bénéfice imposable à 20 000 €. Et un commerçant en vente qui a encaissé 60 000 € bénéficie d'un abattement de 71 %, soit 42 600 €, pour un bénéfice imposable de 17 400 €.

Le plancher de 305 € protège les très petits chiffres d'affaires. Si vous avez encaissé 400 € en BNC, l'abattement calculé serait de 136 € (34 %), mais le minimum de 305 € s'applique: votre bénéfice imposable tombe à 95 €. En cas d'activités mixtes, ce minimum est porté à 610 €.

La case de déclaration attend le chiffre d'affaires brut, avant tout abattement. Retirer vous-même l'abattement, ou soustraire des dépenses, applique la réduction une deuxième fois et fausse votre revenu déclaré. Les cases exactes de la déclaration 2042-C-PRO dépendent de votre activité et de votre option pour le versement libératoire.

Fiscal et social: l'abattement ne réduit pas vos cotisations

C'est la confusion la plus fréquente, et la plus coûteuse à mal comprendre. L'abattement forfaitaire ne concerne que l'impôt sur le revenu. Vos cotisations sociales, elles, sont calculées sur une base différente.

Chaque mois ou chaque trimestre, l'URSSAF applique un pourcentage à votre chiffre d'affaires brut, sans le moindre abattement. Le taux dépend de votre activité et il est publié sur la page des taux de cotisations de l'URSSAF. Deux prélèvements coexistent donc sur le même chiffre d'affaires: les cotisations sociales, calculées sur le brut, et l'impôt sur le revenu, calculé après abattement.

Ce cloisonnement explique une réalité qui surprend: un micro-entrepreneur peut n'avoir aucun impôt sur le revenu à payer, parce que son bénéfice après abattement reste sous le seuil d'imposition, tout en versant des cotisations sociales chaque trimestre sur l'intégralité de son chiffre d'affaires. L'un ne compense pas l'autre.

Avec le versement libératoire, l'abattement disparaît

Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu est une option qui change entièrement la logique. Au lieu d'un abattement suivi du barème progressif, vous payez l'impôt à un taux fixe appliqué directement à votre chiffre d'affaires, en même temps que vos cotisations.

Les taux 2026 sont de 1 % pour la vente, 1,7 % pour les prestations de services BIC et 2,2 % pour les activités libérales, d'après impots.gouv.fr. Ces pourcentages s'appliquent au chiffre d'affaires hors taxes, sans passer par l'abattement. L'option n'est ouverte que si le revenu fiscal de référence de votre foyer, apprécié sur l'avant-dernière année, reste sous un plafond revalorisé chaque année.

Autrement dit, l'abattement forfaitaire ne joue que dans le régime par défaut. Dès que vous optez pour le versement libératoire, il n'entre plus dans le calcul de l'impôt. Croire qu'on cumule les deux, un abattement puis un taux fixe, revient à imaginer une double réduction qui n'existe pas.

L'abattement remplace vos frais réels: le point de bascule

L'abattement est censé couvrir vos charges. Tant que vos frais réels restent inférieurs au forfait, vous êtes gagnant: l'administration vous accorde une déduction plus large que vos dépenses effectives. Le problème apparaît quand vos charges dépassent le taux d'abattement.

Reprenons la consultante en BNC à 40 000 € de chiffre d'affaires. Son abattement de 34 % équivaut à 13 600 € de frais reconnus. Si ses dépenses réelles de l'année, matériel, sous-traitance, déplacements, atteignent 20 000 €, le régime micro l'impose sur 26 400 € alors qu'un régime réel ne l'imposerait que sur 20 000 € de bénéfice. À l'inverse, si ses frais réels ne sont que de 8 000 €, le forfait de 13 600 € lui est plus favorable.

Le point de bascule est simple à repérer: c'est le moment où vos charges réelles dépassent le taux d'abattement de votre activité, soit 34 % du chiffre d'affaires en BNC, 50 % en services BIC, 71 % en vente. Au-delà, la déclaration au réel devient plus intéressante, au prix d'une comptabilité complète. En deçà, le régime micro et son abattement restent le meilleur choix.

C'est pourquoi suivre ses dépenses réelles garde tout son intérêt, même quand elles ne sont pas déductibles: c'est le seul moyen de savoir de quel côté du point de bascule vous vous situez.

Garder ses recettes et ses dépenses à jour

L'abattement rend le calcul indolore, mais il repose sur un chiffre exact: votre chiffre d'affaires encaissé. Encore faut-il l'avoir suivi tout au long de l'année et pouvoir le justifier, comme le rappelle notre guide de la comptabilité en micro-entreprise.

SparkReceipt aide à tenir ce fil sans effort: scanner un reçu en photo, suivre ses dépenses classées par mois, et retrouver chaque pièce au moment de vérifier le montant déclaré. Même si l'abattement rend vos frais non déductibles, connaître vos dépenses réelles reste la seule façon de juger si le régime micro vous avantage encore. Voir nos tarifs pour commencer.

Questions fréquentes

L'abattement se déduit-il automatiquement ou dois-je le calculer? Vous déclarez uniquement votre chiffre d'affaires brut. L'administration applique l'abattement forfaitaire correspondant à votre activité et calcule le bénéfice imposable. Vous n'avez pas à faire la soustraction vous-même.

Puis-je déduire mes frais réels en plus de l'abattement? Non. L'abattement forfaitaire remplace la déduction des charges réelles. Pour déduire vos frais réels, il faut quitter le régime micro et opter pour le régime réel d'imposition.

L'abattement réduit-il mes cotisations sociales? Non. Les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d'affaires brut, sans abattement. L'abattement ne concerne que l'impôt sur le revenu.

Quel abattement si j'ai deux activités différentes? Chaque activité relève de son propre taux, appliqué au chiffre d'affaires qui lui correspond. Le minimum d'abattement passe alors de 305 € à 610 €.

Ai-je encore un abattement avec le versement libératoire? Non. Le versement libératoire applique un taux fixe directement au chiffre d'affaires, sans abattement. La logique de l'abattement ne vaut que pour le régime d'imposition par défaut.

À retenir

  • L'abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 %) est retiré de votre chiffre d'affaires brut par l'administration pour déterminer votre bénéfice imposable.
  • Il ne descend jamais sous 305 € par activité, ou 610 € en cas d'activités mixtes.
  • Il remplace la déduction des frais réels: en micro, aucune dépense ne se déduit en plus.
  • Il ne touche que l'impôt sur le revenu; vos cotisations URSSAF restent calculées sur le chiffre d'affaires brut.
  • Avec le versement libératoire, l'abattement disparaît au profit d'un taux fixe sur le chiffre d'affaires.
  • Quand vos charges réelles dépassent le taux d'abattement, le régime réel devient plus avantageux que le régime micro.
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