Micro-entreprise

Régime micro-BNC 2026 : seuil, impôt et cotisations

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Écrit par Antti Laitinen
10 min de lecture
Régime micro-BNC 2026 : seuil, impôt et cotisations

Le micro-BNC est le régime fiscal de la micro-entreprise quand votre activité relève des bénéfices non commerciaux: une activité libérale, une prestation intellectuelle, un métier exercé à titre indépendant sans acheter pour revendre. Si vous êtes consultant, formateur, développeur, thérapeute ou traducteur en auto-entreprise, c'est très probablement votre régime.

Savoir que vous êtes en BNC change trois choses concrètes: le seuil de recettes au-delà duquel vous quittez le micro, le taux auquel l'URSSAF prélève vos cotisations, et le pourcentage que l'administration retient pour calculer votre impôt. Ce guide explique ce qu'est le régime micro-BNC en 2026, comment savoir si vous en relevez plutôt que des BIC, ce que vous payez, et à quel moment la déclaration contrôlée devient le meilleur choix.

Points clés

  • Le micro-BNC, ou régime déclaratif spécial, s'applique de plein droit aux activités libérales (bénéfices non commerciaux) dont les recettes ne dépassent pas 83 600 € HT en 2026, d'après service-public.gouv.fr.
  • L'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) sur vos recettes pour déterminer le bénéfice imposable, selon service-public.gouv.fr.
  • Les cotisations sociales se calculent sur les recettes brutes, sans abattement: 25,6 % pour les professions libérales affiliées au régime général, 23,2 % pour celles qui relèvent de la Cipav en 2026.
  • Au-dessus du seuil pendant deux années civiles consécutives, vous basculez dans la déclaration contrôlée (régime réel BNC, déclaration 2035) au 1er janvier suivant.
  • Vous pouvez aussi opter volontairement pour le réel: c'est intéressant dès que vos frais réels dépassent 34 % de vos recettes.

Le micro-BNC, qu'est-ce que c'est

Le micro-BNC est l'un des deux régimes d'imposition possibles pour une activité libérale exercée en entreprise individuelle. Son nom officiel est le régime déclaratif spécial. Comme tout régime micro, il repose sur une idée simple: vous ne tenez pas de comptabilité de charges et vous ne calculez pas de bénéfice réel. Vous déclarez vos recettes encaissées, et l'administration en déduit un forfait de frais avant de calculer l'impôt.

Les bénéfices non commerciaux regroupent les revenus des professions libérales, des titulaires de charges et offices, des droits d'auteur et, plus largement, des activités qui ne sont ni commerciales, ni artisanales, ni agricoles. C'est la nature de l'activité qui décide, pas le statut: un même auto-entrepreneur peut relever des BNC pour son activité de conseil et des BIC pour une activité de vente.

Le micro-BNC s'oppose à la déclaration contrôlée, le régime réel des BNC. En micro, l'impôt se calcule sur un abattement forfaitaire; au réel, sur le bénéfice réel après déduction des charges effectives. Le passage de l'un à l'autre dépend de vos recettes et de votre choix, deux points traités plus bas.

Êtes-vous en BNC ou en BIC

C'est la première question à trancher, car elle fixe tout le reste. Les deux grandes familles de la micro-entreprise sont les BIC (bénéfices industriels et commerciaux) et les BNC (bénéfices non commerciaux). La ligne de partage tient à la nature de l'activité: acheter et revendre, ou fournir un service artisanal ou commercial, relève des BIC; exercer une profession libérale ou intellectuelle à titre indépendant relève des BNC.

Votre activitéCatégorieAbattement
Achat et revente de marchandises, fourniture de logementBIC (vente)71 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (artisan, coiffeur, restauration)BIC (services)50 %
Conseil, formation, développement, design, rédaction, traductionBNC34 %
Professions de santé indépendantes, professions juridiques, architectesBNC34 %
Droits d'auteur, revenus de la propriété intellectuelleBNC34 %

La service-public.gouv.fr range parmi les titulaires de BNC les entrepreneurs individuels exerçant une activité libérale, les officiers publics et ministériels (notaires, huissiers), et les bénéficiaires de revenus de la propriété intellectuelle. Les agents commerciaux, eux, relèvent des BIC malgré leur apparente proximité avec le conseil. En cas de doute sur une activité précise, c'est cette classification officielle qui fait foi, pas l'intitulé que vous avez choisi à l'inscription.

Le seuil du micro-BNC en 2026

Vous relevez du micro-BNC tant que vos recettes restent sous un plafond. Pour 2026, ce seuil est de 83 600 € HT, d'après service-public.gouv.fr. C'est le même montant que pour les prestations de services BIC, et il vaut pour les recettes encaissées en 2026, 2027 et 2028.

Le seuil s'apprécie sur les deux années précédentes. En 2026, vous êtes au micro-BNC si vos recettes de 2024 ou de 2025 n'ont pas dépassé 83 600 €. Un dépassement isolé ne vous fait pas quitter le régime: la sortie n'intervient qu'après deux années civiles consécutives au-dessus du seuil, et le passage au réel prend effet le 1er janvier de l'année suivante.

L'année de création, le plafond est réduit au prorata du nombre de jours d'activité. Une activité lancée le 1er avril 2026 ne compte que 275 jours sur 365, soit un seuil ramené à environ 62 986 € pour cette première année. Ce calcul, détaillé dans notre guide du plafond de la micro-entreprise, évite la mauvaise surprise d'un dépassement théorique dès le premier exercice.

Un mot sur la TVA, qui suit sa propre logique. Le seuil de 83 600 € est celui du régime micro; il ne doit pas être confondu avec le seuil de la franchise en base de TVA, fixé à 37 500 € pour les prestations de services et les activités libérales. Vous pouvez donc rester au micro-BNC tout en devant facturer la TVA, dès lors que vos recettes dépassent ce second seuil, bien plus bas.

Ce que vous payez en micro-BNC

Deux prélèvements coexistent, et ils ne se calculent pas sur la même base. Les confondre est l'erreur la plus fréquente des professions libérales débutantes.

Les cotisations sociales sont calculées sur vos recettes brutes, sans aucun abattement. Le taux dépend de votre caisse de retraite. Les professions libérales affiliées au régime général paient 25,6 % en 2026; celles qui relèvent de la Cipav, une liste définie de professions réglementées comme les architectes, les ostéopathes ou les psychologues, paient 23,2 %. Ces taux figurent sur la page des taux de cotisations de l'URSSAF, à vérifier pour votre profession précise. S'y ajoute une contribution à la formation professionnelle de 0,2 % des recettes.

L'impôt sur le revenu se calcule, lui, après abattement. L'administration retire 34 % de vos recettes, avec un minimum de 305 €, et ajoute le résultat aux autres revenus de votre foyer pour appliquer le barème progressif. Une consultante qui a encaissé 50 000 € voit donc 34 % (17 000 €) retirés, et déclare 33 000 € de bénéfice imposable. Le mécanisme de cet abattement de 34 % est le même pour toutes les activités libérales.

PrélèvementBase de calculTaux 2026
Cotisations sociales (régime général)Recettes brutes25,6 %
Cotisations sociales (Cipav)Recettes brutes23,2 %
Contribution formation professionnelleRecettes brutes0,2 %
Impôt sur le revenu (abattement puis barème)Recettes après abattement de 34 %selon le barème
Versement libératoire (option)Recettes brutes2,2 %

La dernière ligne correspond à une option. Au lieu de l'abattement suivi du barème, le versement libératoire applique un taux fixe de 2,2 % directement sur vos recettes, prélevé en même temps que vos cotisations. Il n'est ouvert que si le revenu fiscal de référence de votre foyer reste sous un plafond, et il devient intéressant dès que votre foyer est imposable. Sous ce régime, l'abattement de 34 % ne s'applique plus.

Micro-BNC ou déclaration contrôlée : quand changer

Le micro-BNC est fait pour les activités à faibles charges. Son abattement de 34 % est censé couvrir vos frais professionnels de façon forfaitaire. Tant que vos dépenses réelles restent sous ce forfait, le régime vous avantage: vous déduisez plus que vos dépenses effectives. Le problème apparaît quand vos charges dépassent 34 % de vos recettes.

Reprenons la consultante à 50 000 € de recettes. Son abattement de 34 % équivaut à 17 000 € de frais reconnus. Si ses dépenses réelles, matériel, sous-traitance, déplacements, loyer de bureau, atteignent 25 000 €, le micro-BNC l'impose sur 33 000 € quand la déclaration contrôlée ne l'imposerait que sur 25 000 € de bénéfice réel. Le point de bascule est net: dès que vos charges dépassent 34 % des recettes, le réel devient plus favorable, au prix d'une comptabilité complète et de la déclaration 2035.

La déclaration contrôlée s'applique de deux façons. De plein droit, quand vous dépassez 83 600 € deux années de suite. Sur option, à tout moment, même sous le seuil: il suffit de souscrire la déclaration 2035, l'option valant un an et se reconduisant tacitement. C'est le seul moyen de déduire vos frais réels, puisque le micro-BNC l'interdit.

Même si vos frais ne sont pas déductibles au micro, les suivre reste utile: c'est la seule façon de savoir de quel côté du point de bascule vous vous situez, et donc de décider en connaissance de cause.

Suivre ses recettes et ses dépenses

Le micro-BNC rend le calcul de l'impôt indolore, mais il repose sur un chiffre exact et justifiable: vos recettes encaissées dans l'année. L'obligation comptable du micro-entrepreneur tient d'ailleurs à peu de chose, un livre des recettes à jour, mais encore faut-il le tenir sans rien oublier.

SparkReceipt aide à garder ce fil toute l'année: scanner un reçu en photo dès qu'il arrive, suivre ses dépenses classées par mois, et retrouver chaque pièce au moment de vérifier le montant déclaré. Même quand l'abattement rend vos frais non déductibles, connaître vos dépenses réelles reste la seule façon de juger si le régime micro vous avantage encore. Voir nos tarifs pour commencer.

Questions fréquentes

Comment savoir si je suis en BNC ou en BIC ? C'est la nature de votre activité qui tranche. Les activités libérales, intellectuelles et les professions réglementées relèvent des BNC; l'achat-revente et les prestations commerciales ou artisanales relèvent des BIC. Un conseil, une formation ou un travail de création indépendant sont des BNC.

Quel est le seuil du micro-BNC en 2026 ? 83 600 € HT de recettes, apprécié sur 2024 ou 2025. Vous ne quittez le régime qu'après deux années civiles consécutives au-dessus de ce seuil, la bascule au réel prenant effet le 1er janvier suivant.

Quel abattement s'applique en micro-BNC ? Un abattement forfaitaire de 34 %, avec un minimum de 305 €. Vous déclarez vos recettes brutes, et l'administration retire ces 34 % pour obtenir le bénéfice imposable. Cet abattement ne réduit pas vos cotisations sociales, calculées sur les recettes brutes.

Quelles cotisations sociales pour un micro-BNC ? 25,6 % des recettes pour les professions libérales affiliées au régime général, 23,2 % pour celles relevant de la Cipav, plus 0,2 % de contribution à la formation professionnelle. Vérifiez votre taux selon votre profession sur le site de l'URSSAF.

Quand passer du micro-BNC à la déclaration contrôlée ? Dès que vos frais réels dépassent 34 % de vos recettes, le régime réel devient plus avantageux. Vous pouvez opter pour la déclaration contrôlée même sous le seuil de 83 600 €, en souscrivant la déclaration 2035.

À retenir

  • Le micro-BNC est le régime fiscal de la micro-entreprise pour les activités libérales et les bénéfices non commerciaux.
  • Il s'applique de plein droit sous 83 600 € de recettes en 2026, apprécié sur les deux années précédentes.
  • L'impôt se calcule après un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €), ou via le versement libératoire au taux fixe de 2,2 %.
  • Les cotisations sociales se calculent sur les recettes brutes, sans abattement: 25,6 % au régime général, 23,2 % à la Cipav.
  • La déclaration contrôlée s'impose après deux ans au-dessus du seuil, ou sur option, et devient avantageuse dès que vos charges dépassent 34 % des recettes.
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