Micro-entreprise

Régime micro-BIC 2026 : seuils, abattement et cotisations

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Écrit par Antti Laitinen
10 min de lecture
Régime micro-BIC 2026 : seuils, abattement et cotisations

Le micro-BIC est le régime fiscal de la micro-entreprise quand votre activité relève des bénéfices industriels et commerciaux: acheter pour revendre, ou fournir une prestation de service de nature commerciale ou artisanale. Si vous tenez une boutique, vendez en ligne, coiffez, réparez ou livrez, c'est votre régime.

À l'intérieur du micro-BIC, tout dépend ensuite d'une seconde ligne de partage: vendez-vous des marchandises ou rendez-vous un service ? Les deux ne suivent pas le même seuil de recettes, pas le même abattement, pas le même taux de cotisations. Ce guide explique ce qu'est le micro-BIC en 2026, comment distinguer vente et prestation, ce que vous payez dans chaque cas, et à quel moment le régime réel devient le meilleur choix.

Points clés

  • Le micro-BIC s'applique de plein droit aux activités commerciales et artisanales dont les recettes ne dépassent pas 203 100 € HT (vente de marchandises) ou 83 600 € HT (prestations de services) en 2026, d'après service-public.gouv.fr.
  • L'administration applique un abattement forfaitaire de 71 % sur la vente et de 50 % sur les prestations de services (minimum 305 €), selon service-public.gouv.fr.
  • Les cotisations sociales se calculent sur les recettes brutes, sans abattement: 12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les prestations de services en 2026.
  • Au-dessus du seuil pendant deux années civiles consécutives, vous passez au régime réel (déclaration 2031) au 1er janvier suivant.
  • Le réel devient intéressant dès que vos charges réelles dépassent l'abattement, un cas fréquent en vente à faible marge.

Le micro-BIC, qu'est-ce que c'est

Le micro-BIC est l'un des deux régimes d'imposition possibles pour une activité commerciale ou artisanale exercée en entreprise individuelle. Comme tout régime micro, il repose sur une idée simple: vous ne tenez pas de comptabilité de charges et vous ne calculez pas de bénéfice réel. Vous déclarez vos recettes encaissées, et l'administration en déduit un forfait de frais avant de calculer l'impôt.

Les bénéfices industriels et commerciaux regroupent les revenus des commerçants, des industriels et des artisans: l'achat-revente de marchandises, la fourniture de logement, et les prestations de services qui ne relèvent pas d'une profession libérale. C'est la nature de l'activité qui décide du régime. En face, le régime réel calcule l'impôt sur le bénéfice réel après déduction des charges effectives; le passage de l'un à l'autre dépend de vos recettes et de votre choix.

Vente ou prestation de services : la ligne qui change tout

C'est la distinction à trancher en premier, car elle fixe le seuil, l'abattement et le taux de cotisations. Le micro-BIC réunit deux activités que l'administration traite différemment: la vente et la prestation de services.

La vente couvre l'achat pour revendre, la vente de produits fabriqués, la restauration à emporter ou sur place et la fourniture de logement. La prestation de services BIC couvre les services de nature commerciale ou artisanale: coiffure, réparation, entretien, transport, travaux. Une même micro-entreprise peut exercer les deux, et déclare alors chaque part dans sa catégorie.

Votre activitéCatégorie micro-BICAbattementSeuil 2026
Achat-revente, vente de produits, fourniture de logementVente de marchandises71 %203 100 €
Restauration, vente à consommer sur placeVente de marchandises71 %203 100 €
Coiffure, réparation, entretien, transport, travauxPrestations de services50 %83 600 €

L'activité libérale, elle, ne relève pas des BIC mais des bénéfices non commerciaux, avec un abattement de 34 % et ses propres règles. Si vous êtes consultant, formateur, développeur ou thérapeute, c'est le régime micro-BNC qui vous concerne, pas celui-ci. En cas de doute sur une activité précise, c'est la classification officielle de service-public.gouv.fr qui fait foi.

La location meublée obéit à un régime particulier. Un meublé de tourisme non classé relève depuis 2025 d'un seuil réduit à 15 000 € et d'un abattement de 30 %, loin des chiffres de l'achat-revente. Ce guide porte sur le commerce et les services.

Les seuils du micro-BIC en 2026

Vous relevez du micro-BIC tant que vos recettes restent sous un plafond, et ce plafond dépend de votre activité. Pour 2026, il est de 203 100 € HT pour la vente de marchandises et de 83 600 € HT pour les prestations de services, d'après service-public.gouv.fr. Ces montants valent pour les recettes encaissées en 2026, 2027 et 2028.

Le seuil s'apprécie sur les deux années précédentes. En 2026, vous êtes au micro-BIC si vos recettes de 2024 ou de 2025 n'ont pas dépassé le plafond de votre activité. Un dépassement isolé ne vous fait pas quitter le régime: la sortie n'intervient qu'après deux années civiles consécutives au-dessus du seuil, et le passage au réel prend effet le 1er janvier de l'année suivante.

L'année de création, le plafond est réduit au prorata du nombre de jours d'activité, un calcul détaillé dans notre guide du plafond de la micro-entreprise.

Le seuil du régime micro ne doit pas être confondu avec celui de la franchise en base de TVA, fixé à 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les prestations de services en 2026. Ces montants sont bien plus bas que les plafonds du micro-BIC. Vous pouvez donc rester en micro-BIC tout en devant facturer la TVA, dès que vos recettes dépassent ce second seuil.

Ce que vous payez en micro-BIC

Deux prélèvements coexistent, et ils ne se calculent pas sur la même base. Les confondre est l'erreur la plus fréquente des commerçants débutants.

Les cotisations sociales sont calculées sur vos recettes brutes, sans aucun abattement. Le taux dépend de l'activité: 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services en 2026, d'après la page L'essentiel du statut de l'URSSAF. S'y ajoutent une contribution à la formation professionnelle (0,1 % pour un commerçant, 0,3 % pour un artisan) et, pour les commerçants et artisans, une taxe de chambre consulaire au-delà de 5 000 € de recettes.

L'impôt sur le revenu se calcule, lui, après abattement. L'administration retire 71 % de vos recettes pour la vente ou 50 % pour les prestations, avec un minimum de 305 €, et ajoute le résultat aux autres revenus de votre foyer pour appliquer le barème progressif. Le mécanisme de cet abattement forfaitaire suit les mêmes règles pour toutes les activités, seul le taux change.

PrélèvementBase de calculVenteServices
Cotisations socialesRecettes brutes12,3 %21,2 %
Contribution formation professionnelleRecettes brutes0,1 %0,2 % à 0,3 %
Abattement sur l'impôtRecettes brutes71 %50 %
Versement libératoire (option)Recettes brutes1 %1,7 %

La dernière ligne correspond à une option. Au lieu de l'abattement suivi du barème, le versement libératoire applique un taux fixe directement sur vos recettes, prélevé en même temps que vos cotisations. Il n'est ouvert que si le revenu fiscal de référence de votre foyer reste sous un plafond, et il devient intéressant dès que votre foyer est imposable.

Prenons deux micro-entrepreneurs qui encaissent chacun 40 000 € en 2026. Le vendeur de marchandises déclare 11 600 € de bénéfice (abattement 71 %) et paie 40 000 € × 12,3 % = 4 920 € de cotisations. Le prestataire de services déclare 20 000 € (abattement 50 %) et paie 40 000 € × 21,2 % = 8 480 €. À recettes égales, la catégorie seule fait presque doubler les cotisations et le bénéfice imposable.

Micro-BIC ou régime réel : quand changer

Le micro-BIC est fait pour les activités dont les charges restent sous l'abattement. Ce forfait, 71 % en vente ou 50 % en services, est censé couvrir vos frais professionnels. Tant que vos dépenses réelles restent sous lui, le régime vous avantage: vous déduisez plus que vos dépenses effectives. Le problème apparaît quand vos charges dépassent le taux de l'abattement.

En vente, ce seuil est atteint plus souvent qu'on ne le croit. L'abattement de 71 % suppose une marge d'environ 29 %. Un commerçant qui achète ses marchandises à 80 % de leur prix de vente a des charges réelles supérieures à l'abattement avant même de compter le loyer. Sur 100 000 € de recettes, le micro-BIC l'impose sur 29 000 € de bénéfice forfaitaire quand son bénéfice réel tourne autour de 20 000 €. Pour le négoce à faible marge, le régime réel rend souvent l'impôt plus juste.

En prestation de services, c'est le même principe à 50 %: dès que vos charges dépassent la moitié de vos recettes, le réel devient plus favorable sur l'impôt, au prix d'une comptabilité complète. Le régime réel BIC passe par la déclaration 2031 et ses annexes. Il s'applique de plein droit quand vous dépassez le seuil deux années de suite, ou sur option à tout moment, même sous le plafond.

Même quand vos frais ne sont pas déductibles au micro, les suivre reste la seule façon de savoir de quel côté du point de bascule vous vous situez.

Suivre ses recettes et ses dépenses

Le micro-BIC rend le calcul de l'impôt indolore, mais il repose sur un chiffre exact et justifiable: vos recettes encaissées dans l'année, auxquelles s'ajoute pour un commerçant un registre des achats. L'obligation comptable du micro-entrepreneur tient à peu de chose, mais encore faut-il la tenir sans rien oublier.

SparkReceipt aide à garder ce fil toute l'année: scanner un reçu dès qu'il arrive et suivre ses dépenses classées par mois. Connaître vos dépenses réelles reste la seule façon de juger si le régime micro vous avantage encore face au réel. Voir nos tarifs pour commencer.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre micro-BIC et micro-BNC ? Le micro-BIC couvre les activités commerciales et artisanales (vente, restauration, coiffure, réparation); le micro-BNC couvre les activités libérales et intellectuelles (conseil, formation, santé). Les deux régimes diffèrent par l'abattement (71 % ou 50 % en BIC, 34 % en BNC) et par le taux de cotisations.

Quels sont les seuils du micro-BIC en 2026 ? 203 100 € HT de recettes pour la vente de marchandises, 83 600 € HT pour les prestations de services. Vous ne quittez le régime qu'après deux années civiles consécutives au-dessus du seuil, la bascule au réel prenant effet le 1er janvier suivant.

Quel abattement s'applique en micro-BIC ? 71 % pour la vente de marchandises et la fourniture de logement, 50 % pour les prestations de services, avec un minimum de 305 €. Cet abattement sert au calcul de l'impôt; il ne réduit pas les cotisations sociales, calculées sur les recettes brutes.

Quelles cotisations sociales pour un micro-BIC ? 12,3 % des recettes pour la vente, 21,2 % pour les prestations de services en 2026, plus la contribution à la formation professionnelle. S'y ajoute pour les commerçants et artisans une taxe de chambre consulaire au-delà de 5 000 € de recettes.

Quand passer du micro-BIC au régime réel ? Dès que vos charges réelles dépassent l'abattement (71 % en vente, 50 % en services), un cas fréquent en négoce à faible marge. L'option est possible même sous le seuil.

À retenir

  • Le micro-BIC est le régime fiscal de la micro-entreprise pour la vente de marchandises et les prestations de services commerciales ou artisanales.
  • Il s'applique de plein droit sous 203 100 € de recettes en vente et 83 600 € en services pour 2026, apprécié sur les deux années précédentes.
  • L'impôt se calcule après un abattement forfaitaire de 71 % en vente ou 50 % en services (minimum 305 €), ou via le versement libératoire à 1 % ou 1,7 %.
  • Les cotisations sociales se calculent sur les recettes brutes: 12,3 % en vente, 21,2 % en services.
  • Le régime réel (déclaration 2031) devient avantageux dès que vos charges dépassent l'abattement, un cas courant pour le négoce à faible marge.
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